Tunisie – Révolution : L’Education nationale attend la sienne !

Tunisie – Révolution : L’Education nationale attend la sienne !

Par 14 janvier 2015
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En ce 14 janvier 2015, la Tunisie fête le quatrième anniversaire de la Révolution Citoyenne, qui a fait basculer le pays dans une ère démocratique. Lorsqu’on se remémore les évènements de 2011, on se souvient que la demande du peuple tunisien se matérialisait en deux  mots (aux côtés du célèbre « dégage !») : « Liberté, Dignité… ». Quatre ans après, les tunisiens ont certes acquis un peu plus de liberté que sous Ben Ali, sont dans un processus démocratique qui a récemment débouché sur la tenue d’élections libres et transparentes…Mais qu’en est-il de la dignité ?

Les différentes équipes gouvernementales qui se sont succédées depuis 2011 ont tenté d’apporter quelques réponses socio-économiques pour lutter contre la pauvreté, le chômage et améliorer les conditions de vie de la population, sans obtenir de résultats susceptibles de changer la donne. Les différents dirigeants ont sans doute péché par manque d’ambition et ont échoué pour avoir essayé de mettre des pansements, là où des opérations sous anesthésies étaient recommandées.

Malheureusement, le domaine de l’Éducation n’a pas échappé à la règle. Alors que le secteur est gangréné depuis des décennies, les gouvernements successifs n’ont pas apprécié l’urgence d’une grande réforme scolaire en Tunisie. Chaque nouveau Ministre de l’Éducation Nationale rejetant la responsabilité sur l’équipe précédente (et accessoirement l’immobilisme des syndicats) et repoussant l’initiative vers son successeur.

Des demi- mesures, là où des décisions fortes sont attendues!

Là où un plan Marshall pour l’école était attendu, nous avons eu depuis 2011 que des demi-mesures, principalement prises pour desserrer la pression des enseignants, comme le retour du concours de 6eme année primaire ou la réduction progressive des 25% du baccalauréat, aucune mesure forte n’a été annoncée depuis quatre ans.

En 2013, 107 000 enfants ont abandonné totalement l’école (sur une population d’environ 1,9 millions d’élèves)

Or, les maux qui gangrènent notre système éducatif sont légions. Passons sur les établissements délabrés, sur le manque d’équipements, même de première nécessité (tables, chaises…)! Passons sur la difficulté d’accès pour certains élèves devant effectuer plus de 10 km de marche quotidienne pour aller en classe! Passons sur ce que certains nomment parfois « le racket des cours particuliers » (pour ne pas mettre tout le monde dans le même panier)… Mais arrêtons-nous sur 2 données : en 2013, 107 000 enfants ont abandonné totalement l’école (sur une population d’environ 1,9 millions d’élèves), en 2014, plus de 100 000 élèves fréquentent les établissements privés, alors qu’ils étaient à peine 50 000 avant 2011.

En 3 ans, le nombre d’élèves inscrits dans des établissements privés a doublé !

Il y a là un constat d’échec de notre système éducatif, qui laisse sur la route plus de 100 000 enfants par an. De surcroît la réussite scolaire devient tributaire du niveau de revenus et donc de la condition sociale (cours particulier, enseignement privé), ce qui bloque l’assesseur social et aggrave les inégalités.  Ainsi, on se retrouve avec un système éducatif qui ne répond plus à l’un de ses fondements : l’égalité des chances pour tous.

Nous estimons que l’une des principales priorités du prochain gouvernement devrait être une profonde réforme du système éducatif tunisien. Nous invitons toutes les parties prenantes, administration, enseignants, parents et élèves à réfléchir à une réelle amélioration du niveau et de la qualité de l’enseignement. Nous invitons le futur ministre à prendre de la hauteur et à mettre en place des mesures radicales, pour qu’enfin notre système éducatif puisse faire sa Révolution…

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