Crossover learning : connecter l’apprentissage informel à l’enseignement formel

Crossover learning : connecter l’apprentissage informel à l’enseignement formel

Par 22 mars 2016
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En collaboration avec les chercheurs du Centre pour les Technologies dans l’enseignement (SRI International), le laboratoire de l’Institut des Technologies de l’Education de l’Open University a analysé diverses formes d’enseignement, d’apprentissage et d’évaluation pour guider les enseignants et les responsables pédagogiques vers plus d’innovation.

A partir du 4ème rapport sur l’innovation pédagogique réalisé par l’ « Open University », Edupronet vous propose d’explorer  10 tendances d’apprentissage en cours d’utilisation et qui impactent de manière importante l’éducation.

Pour ce premier volet nous vous proposons de découvrir comment l’intégration de l’apprentissage dans des situations « informelles » peut connecter le contenu pédagogique aux centres d’intérêt des apprenants. Ainsi, de plus en plus, les enseignants mettent en place un apprentissage « croisé » ou « mixte » qui a pour objectif de créer des synergies entre l’enseignement dans un environnement dit « formel » (à l’école, en classe…) et un apprentissage « informel » qui se déroule en dehors de la classe (musée, club de loisir, stage en entreprise…).  Ces enseignants innovants essayent tout simplement d’enrichir l’enseignement en classe par les expériences de la vie courante.

 

Apprentissage informel vs enseignement formel

Nos systèmes éducatifs ont toujours eu tendance à vouloir formaliser les différents cycles d’apprentissage. On parle de « maternelle », d’ « école », d’ « université », de « qualifications », de « développement professionnel »…Alors même que nous avons toujours été plus ou moins convaincus (en tout cas certains d’entre nous) qu’un individu apprend tout le temps et partout, même en dehors de la salle de classe en l’absence du professeur (si si, ils osent !). De ce fait, ces différentes classifications deviennent inutiles, dès lors que nous prenons conscience que les aspects formels de l’enseignement sont interconnectés avec l’apprentissage informel.

Quel enseignant n’a jamais emmené ses élèves en visite au musée, ne serait-ce que pour leur montrer le chemin (pour qu’ils puissent ensuite l’indiquer à leurs parents) ? Quel professeur des écoles n’a jamais organisé une sortie « nature & découverte » dans la forêt voisine (pour ceux qui ont la chance d’en avoir une) ne serait-ce que pour faire prendre l’air à sa classe ? Quel étudiant peut aujourd’hui se passer d’un stage pour valider son cursus universitaire, quitte à servir le café et faire les photocopies ?  

Bien évidemment la découverte de l’environnement fait partie des programmes pédagogiques officiels depuis longtemps, mais l’apprentissage informel ne se limite pas à des activités de découverte et d’observation, dans le cadre du projet de classe. Dans ce sens, le concept d’apprentissage « croisé » cherche à enrichir l’apprentissage dans la classe par des expériences de la vie courante. L’apprentissage que nous considérons comme informel peut être approfondi en ajoutant des questions et des connaissances traitées en cours. Cette interconnexion classe-extérieur/ formel-informel  agit positivement sur la motivation des élèves pour apprendre. Avec les Technologies connectées, les nouvelles approches pour évaluer et reconnaître les acquis et les nouvelles perspectives sur l’efficacité de l’approche informelle, il est de plus en plus facile de faire tomber les barrières pour un enseignement plus efficace.

 

Mixer formel et informel pour améliorer l’enseignement 

Dans ce cadre, de plus en plus d’enseignant proposent à leurs élèves d’approfondir des notions et concepts étudiées en classe, par des « visites » et des « explorations » sur le terrain, que constituent les musées, forêts…et tout autre lieu/espace/méthode…en dehors de la classe, puis de partager leurs observations, découvertes, conclusions au sein de l’enceinte de l’école. En plus d’être valable et efficace en tant que tel, les expériences d’apprentissage informel contribuent à l’amélioration et l’enrichissement des activités académiques des élèves. Ne sommes-nous pas d’accord pour affirmer qu’apprendre en dehors de l’école permet de développer les compétences et les capacités qui permettent aux élèves de mieux réussir à l’école ? Une simple visite au musée, même si ces objectifs éducatifs paraissent évidents,   ne permet-elle pas d’améliorer les facultés d’observation, d’orientation et de stimuler la curiosité des élèves, pour peu qu’elle soit orientée et réalisée dans ce sens ?  

De même, créer de la place dans le programme « formel » pour permettre aux élèves de travailler sur des concepts et des thèmes qui leurs tiennent à cœur et qui les intéressent particulièrement ne peut-il pas permettre à l’apprentissage informel d’impacter de manière positive les thèmes et sujets du curriculum officiel ? Bien sûr que si. Tout ceci implique simplement plus de coordination entre les musées, les clubs de loisirs, les maisons des jeunes, les entreprises et toute forme d’apprentissage informel, avec les écoles, collèges, lycées et universités, pour développer des outils d’apprentissage en relation avec le programme officiel. 

Le concept d’apprentissage « mixte » peut également s’appliquer à la manière dans laquelle nous concevons l’enseignement dans son ensemble et pour définir un périmètre pour ajuster la façon avec laquelle « formel » et « informel » se juxtaposent pour influencer les attitudes et la motivation pour apprendre à tout âge. De plus en plus, les enseignants, les responsables pédagogiques, les décideurs publics et les chercheurs considèrent que l’enseignement se réalise à travers des paramètres et un contexte, dans un « environnement d’apprentissage ». Cette vision coïncide avec un accroissement de l’intérêt pour les opportunités offertes par l’apprentissage « mixte », en tant que méthode permettant aux apprenants de relier les expériences acquises dans tout l’écosystème d’apprentissage.

 

Vers un apprentissage basé sur les compétences

Certaine écoles et universités planifient d’inclure les pratiques de l’enseignement informel et non académique dans leurs cursus, étant donné que ces structures sont en phase de mutation d’un enseignement basé sur les cours magistraux et les devoirs à la maison, vers une approche par compétences, qui se focalise sur la capacité des élèves à atteindre des objectifs et acquérir des capacités, plutôt que leur habilité à enrichir leurs connaissances.  

A la limite, intégrer l’apprentissage informel en classe, pourrait tout simplement diminuer les attentes en matière de résultats académiques.   Les activités peuvent également être conçues pour permettre aux élèves pour comprendre et réfléchir à leurs activités en dehors de l’école. En étant engagés dans des activités pratiques, les apprenants peuvent développer des qualités et des compétences tel que la persévérance, l’autonomie qui permettent de réussir dans tout ce que l’on entreprend.  

 

Mieux reconnaître les acquis

La transition vers un système « mixte » d’apprentissage nécessite un ajustement dans la manière dont nous évaluons et reconnaissons les acquis. Ainsi, un système de badge pour comptabiliser les réalisations moins formelles permet d’accorder de l’importance à des activités venant de différentes sources.  Les outils utilisés par les élèves pour regrouper des ressources, tel que Tumblr, Pinterest ou encore Pearltrees, permettent de développer des compétences parfaitement transférables comme la curation, l’argumentation, la construction de commentaire.

 

Enseignement mixte ?…Oui mais…

Faire de la place à l’apprentissage informel dans l’éducation formelle, permet d’enrichir la connaissance avec l’expérience

Les expériences d’apprentissage « croisé » offrent aux apprenants des opportunités d’apprentissage authentiques et engageantes en exploitant les forces et l’intérêt offert par les deux environnements d’enseignement. Depuis qu’on a pris conscience que l’apprentissage prend place tout au long de la vie, profitant de diverses expériences à travers différents paramètres, les enseignants doivent accompagner les élèves pour enregistrer, lier, se rappeler et partager les événements qui leur ont permis d’apprendre.

Le défi majeur consiste à concevoir l’intégration de l’apprentissage formel de manière à conserver la cohérence du programme officiel tout en intégrant une part de la légèreté et de la liberté qui accompagnent les activités informelles.

 




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