La lecture à l’épreuve de l’apprentissage

La lecture à l’épreuve de l’apprentissage

19 mars 2014
FavoriteLoadingAjouter aux favoris

Nadia Mdarhri-Alaoui, professeur de l’enseignement secondaire, affirme que la méthode d’enseignement de la lecture utilisée par l’enseignant peut avoir un impact sur la réussite de l’apprentissage. Dans cet article paru sur le site de Libération (Maroc) en date du 18 mars 2014, Madame Mdarhri-Alaoui présente les différentes méthodes d’apprentissage de la lecture existantes et effectue une comparaison entre la méthode utilisée actuellement au Maroc, la méthode mixte et la méthode syllabique.

et article ne prétend aucunement être scientifique mais présente uniquement les conclusions et les observations d’une enseignante ayant entrepris une expérience au niveau de sa classe.

La lecture à l’épreuve de l’apprentissage

«Je ne connais pas ce mot-là, vous nous ne l’avez pas appris». Telle était la réponse de beaucoup de mes élèves lorsque je leur demandais de lire un mot ou plus exactement, un nouveau mot. Alors là, j’ai commencé à «bidouiller» et à me rendre compte que ces enfants avaient un fonctionnement du cerveau qui ne les pousse pas à réfléchir. C’est «je sais» ou «je ne sais pas ». Et là, cela a commencé à me faire peur. Je vois ces enfants qui ne s’autorisent pas à faire aller le cerveau dans tous les sens. Ils ne veulent (peuvent) pas jouer avec les sons et s’apercevoir que quand on met la lettre dans ce sens-là, cela fait ça ! C’est à partir de ma deuxième année de travail que j’ai commencé à faire des corrélations et à me dire qu’il y a quelque chose qui cloche, qu’il y a peut-être de «bonnes» ou «mauvaises» méthodes.

Spontanément, je ne me sentais pas en phase avec une méthode qui utilise uniquement la mémoire et beaucoup la mémoire visuelle, en l’occurrence la méthode mixte ou semi-globale. Pour un certain nombre d’auteurs, la méthode d’enseignement de la lecture utilisée par l’enseignant peut avoir un impact sur la réussite de cet apprentissage. Selon Snowling (1996, in Sprenger-Charolles et Colé, 2003), cet effet se limite aux enfants dits «à risque», c’est-à-dire ceux qui présentent des déficits dans les compétences requises pour l’acquisition du langage écrit. Ehri et coll. (2001, in Sprenger-Charolles et Colé, 2003) ont cependant montré que la méthode de lecture avait un impact sur tous les enfants. Pour Vellutino et Scanlon (1989), la plupart des difficultés de lecture proviennent «d’un déficit lié à l’expérience, l’idéologie, les procédures et les techniques employées par les instituteurs». C’est également l’idée que défendent Cuche et Sommers (2002), ainsi qu’Ouzilou (2001). Les  méthodes à départ global seraient responsables des difficultés de langage écrit de nombreux enfants considérés à tort comme dyslexiques. Une remédiation pédagogique qui reprendrait l’apprentissage des correspondances graphèmes-phonèmes et la combinatoire selon la progression des méthodes  synthétiques suffirait à résoudre les difficultés de ces enfants.

Outre les causes décrites précédemment, on peut évoquer une mauvaise  maîtrise de la langue, une scolarisation non assidue, des troubles psychologiques graves, des déficiences sévères de vision ou d’audition (Sprenger-Charolles et Colé, 2003), les dyslexiques (Rutter et coll. 1976 et Lewis et coll. 1994, in Valdois, 2000), les déficiences phonologiques (Lopez et Jimenez-Gonzales 2000, in Sprenger-Charolles et Colé, 2003), l’hyperlexie (Aram et Healy 1988, in Valdois, 2000) ou encore les différences environnementales (Morton et Frith 1995, in Valdois, 2000). Mais on va s’intéresser essentiellement à l’impact de la méthode d’enseignement de la lecture utilisée par l’enseignant sur la réussite de cet apprentissage…»

Retrouvez le reste de cet article dans le site Libération : La lecture à l’épreuve de l’apprentissage

Commentaires

commentaires