Enseignement Supérieur en Afrique, un avenir en MOOC ?

Enseignement Supérieur en Afrique, un avenir en MOOC ?

Par 13 mai 2015
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Face aux enjeux économiques et démographiques auxquels fait face l’Afrique, L’enseignement supérieur ne constitue pas nécessairement une priorité, d’autant plus que pour répondre aux Objectifs de Millénaire, les autorités ont souvent donné la priorité à l’enseignement de base, faisant de l’enseignement supérieur en Afrique, le parent pauvre des systèmes éducatifs.  

Lors d’un discours prononcé à la Conférence sur les enjeux du numérique pour l’enseignement supérieur en Afrique, organisé les 6 et 7 mai par l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) à Paris, le philosophe sénégalais et professeur à l’université de Colombia, Bachir Diagne affirme :

L’Afrique va devoir faire face au doublement de sa population. Le rythme auquel elle pourra construire des infrastructures et former des enseignants sera toujours en retard sur l’afflux croissant de nouveaux étudiants. Les MOOC sont une innovation technologique dont elle doit se préparer à tirer profit pour répondre au double défi de l’explosion de la demande et de l’inégalité d’accès à l’enseignement.

Ces Cours en Ligne Ouverts et Massive représentent-ils la bouée de sauvetage de l’enseignement supérieur en Afrique ? Alors qu’ils ont ouverts les portes des établissements les plus élitistes à une large audience, peuvent-il permettre au Continent de satisfaire une demande estudiantine en forte croissance ?

Un article du Monde, sur la manière dont les universités africaines voient l’avenir en MOOC, la journaliste Laurence Caramel explique en quoi ces cours en ligne peuvent aider l’enseignement supérieur en Afrique a limité les effets de la privatisation à outrance et permettre à des millions d’étudiants d’accéder à des formations de qualité d’un simple clic.  

Cependant, l’auteur de l’article revient également sur les problèmes d’infrastructures et d’équipements auxquels fait face l’Afrique. En effet, avant de pouvoir suivre un cours de probabilités de Polytechnique ou un cours de Finace de Harvard, il faut avoir de l’électricité et internet.

Ainsi, en misant trop sur les MOOC pour le développement de leur universités, il s’agit de ne pas « mettre la charrue avant les bœufs » alors que de nombreux établissement d’enseignement supérieur en Afrique parviennent difficilement à satisfaire % de leurs besoins en accès internet et qu’une grande majorité d’étudiants ne dispose pas d’ordinateurs personnels.  

Et même si certains problèmes d’infrastructure sont en passe d’être résolus, les étudiants africains vont-ils bénéficier de MOOC locaux ou devoir consommé du « prêt à consommer important » ? En effet, il y a aujourd’hui une forte réticence des enseignants vis-à-vis des MOOC et de l’utilisation de la technologie, qui craignent à la fois une mise en concurrence avec des sommités internationales et une réduction de leurs nombres d’heures de cours. 

Pour que les enseignants africains ne soient pas submergés par le « tsunami numérique », plusieurs projets de coopération, en partenariat avec l’Agence Universitaire de la Francophonie ou l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, ont permis à des enseignants africains de produire leur propre contenu et de réaliser des MOOC  « made in Africa ».  

Enfin, la dernière question que se pose la journaliste concerne la réelle gratuité de ses MOOC.  En effet, peut-on envisager que des établissements privés ou publics,  qui pour certains vendent des formations au prix fort, vont se convertir à la gratuité pour aider l’Afrique ? Difficile d’y croire, d’autant plus que  dans la plupart des MOOC, la certification est payante.  Ainsi, si les Etats ne prennent pas en main la régulation de l’enseignement à distance, les MOOC ne feront que renforcer la mise en place d’un système à deux vitesse pour l’enseignement supérieur en Afrique.

 

Retrouvez l’intégralité de l’article : Les universités africaines voient l’article en MOOC 

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