Enseigner la langue arabe aux non arabophones

Enseigner la langue arabe aux non arabophones

Par 2 mai 2016
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Souvent l’apprentissage de la langue arabe est jugé très difficile par les élèves pour qui ce n’est pas la langue maternelle. Les croyances populaires soutiennent la thèse que enseigner l’arabe aux non arabophones est compliqué de nature. Or souvent, la difficulté est uniquement inhérente à la méthode et à l’approche choisie pour le faire.

 

Définition des compétences

Dans l’enseignement d’une langue en général, il faut faire la différence entre 2 notions : acquérir une langue et apprendre une langue.

En réalité, nous enseignons les compétences d’une langue dans un ordre qui se doit d’être précis.

Enseigner compétences langues

 

 

Cependant, il est impossible d’acquérir ces compétences si on n’arrive pas à maîtriser les éléments qui composent la langue, à savoir : les lettres, les mots, les expressions, voir les théories.

Tant que l’apprenant ne fait pas la différence phonétique entre les lettres, tant qu’il ne conçoit pas les différents sens d’un mot d’une structure à une autre et tant qu’il ne peut pas classer les expressions selon le répertoire du conventionnel, il ne sera jamais un bon auditeur ni un bon lecteur.  

Pour enseigner l’arabe de manière efficace, il est essentiel de favoriser une bonne acquisition des compétences et des éléments qui composent cette langue.  

 
Classification des compétences

Nous pouvons classer les compétences relatives à l’acquisition d’une langue en 2 catégories.

catégorie compétences langues

 

 

A la première étape, l’optimisation de l’apprentissage exige de donner plus d’importance aux compétences de l’oral car à l’origine la transmission d’une langue se fait de manière orale.  

On note dans ce contexte, qu’il existe beaucoup de personnes qui parlent bien une langue sans savoir la lire ni l’écrire. Nous devons, donc, mettre en valeur les compétences de l’oral car c’est seulement avec celles-ci qu’on peut établir une communication efficace.  

Le constat, regrettable, est que de nombreux enseignants et établissements scolaires négligent l’aspect oral, pour se focaliser, de manière trop importante.

Cette manière de compartimenter les compétences, permet de remarquer un chevauchement lors de l’acquisition (et donc une complémentarité).

compétences langues complémentaires

 

Pour comparer

Pour effectuer une comparaison entre les besoins incitants un arabophone et un non-arabophone à acquérir ces compétences et ces éléments, prenons l’exemple du mot « قلم »  « Kalam » (stylo).  

Un arabophone n’aura pas de difficultés de distinguer les sons des lettres qui composent ce mot et aussi le sens. Cette remarque peut être valable avec tous les mots conventionnels utilisés dans le quotidien.  

On peut essayer de mettre ce mot dans de différents contextes :

قلم أحمر   stylo rouge

أعطني القلم   donne-moi le stylo

خذ القلم   prends le stylo

 Il continuera de réagir spontanément à ces contextes et répondra sans difficultés. Il a pu maîtriser cette distinction du phonétique, sens, et usage dans différents contextes d’où son utilisation correcte de ce mot. Mais en revenant à la lecture et à l’écriture nous allons comprendre que ce n’est pas évident.  

Il doit apprendre à lire et à écrire. Un arabophone n’a donc pas de difficultés au niveau oral, mais il a besoin d’apprendre l’écrit.  Un non-arabophone n’a pas acquis, au préalable, les compétences de l’oral, d’où la nécessité de lui enseigner toutes les compétences et tous les éléments.  

Il est donc très important de faire la différence entre l’acquisition et l’apprentissage. On acquière la langue maternelle mais on apprend une langue étrangère.  

Nous commettrons une faute si nous classons  les deux qualités d’apprenants sous le même titre, et pratiquons l’apprentissage avec le même manuel, les mêmes méthodes et les mêmes outils. D’ailleurs, c’est ce qui donne l’impression à pas mal d’apprenants que la langue arabe est difficile à intégrer.  

Nous en déduisons que le problème ne réside pas dans l’apprenant mais plutôt dans l’enseignant, le manuel, la méthode et les outils…

 

Noureddine Ben Hamida

Enseignant du Second degré au Lycée Gustave Flaubert de La Marsa. Technicien en TIC. Educateur Microsoft TOT

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