Conclusions sur le Livre Blanc de la réforme de l’éducation en Tunisie

Conclusions sur le Livre Blanc de la réforme de l’éducation en Tunisie

Par 11 juin 2016
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A la mi-mai 2016, le ministère de l’éducation a publié « le  livre blanc : Projet de réforme du système éducatif en Tunisie » ,  avec le slogan suivant : « Pour une école tunisienne équitable, hautement performante qui forme le citoyen et relève la  patrie ».      

Hédi Bouhouch & Mongi Akrout, inspecteurs généraux retraités Tunis, ont réalisé un travail d’analyse et de commentaire de ce Livre Blanc. Dans cette dernière partie, les auteurs donnent leurs appréciations sur les réformes proposées par le Ministère de l’Education Nationale.

 

Quelques remarques sur le Livre Blanc

Le texte souffre d’une certaine longueur, peut être à cause de la complexité des questions et de ses nombreuses ramifications  qui ont entraîné une espèce de redondance et de reprises qu’on aurait pu éviter pour alléger le texte final et facilité sa lecture.

Par contre le livre a  ignoré certaines questions   qui divisent,  c’est peut être parce qu’il a cherché à ménager plusieurs parties à la fois et satisfaire tout le monde.

Quelques conclusions nous ont semblé  hâtives et parfois superficielles  ce qui  a nui à  la qualité de l’analyse parfois, comme la tendance à reprendre  des idées véhiculées par les politiques et  par les médias. On a relevé quelques imprécisions au niveau de certains graphiques : comme le graphique de la  page  16 ( distribution  des chômeurs selon le niveau d’étude), les données devraient être exprimées en % , et quand on fait la somme nous constatons qu’elle est supérieure à 100% ou le Graphique de la page  60 (taux des  nouveaux élèves inscrits  qui ont suivi le préscolaire ) même remarque précédente , ou encore le graphique des pages 84 et 86,  l’axe devrait être  de gauche à droite et non le contraire

Enfin, on constate que les concepteurs du document ont oublié d’ajouter la table des tableaux statistiques et celle des graphiques.

Ces quelques remarques ne diminuent en rien de la valeur du document et de la richesse des informations qu’il contient et de la pertinence de ses analyses.

 

Pour améliorer le contenu du Livre Blanc

 

  • Penser à une version en français et en anglais et à un condensé pour le grand public.

  • Organiser des rencontres pour présenter le livre et débattre de son contenu

  • Inviter les dizaines d’associations qui s’intéressent à l’école à  donner leurs avis sur le contenu

Enfin, nous aurions souhaité, pour l’histoire et la mémoire de l’éducation, que le livre cite les noms des personnes qui l’ont rédigé (évitons les injustices du passé quand les noms des dizaines  compétences sont oubliés pour que l’histoire ne garde que celui du Ministre).

 

En guise de conclusion sur le Livre Blanc de l’éducation en Tunisie

Nous terminons cette contribution  par quelques questionnements :

 

  • Le livre blanc n’a pas évoqué la possibilité de la promulgation d’une nouvelle loi sur l’éducation, est-ce qu’on s’oriente vers la conservation de la loi d’orientation en vigueur?

  • Est-ce que l’élève va continuer à être au cœur de l’action éducative, comme le veut l’article 2 de la dite loi ?

  • Allons-nous vers le maintien de la structure actuelle : enseignement de base et enseignement secondaire ?

  • Allons-nous conserver «  le programme des programmes de 2002 et les domaines des apprentissages définis dans le chapitre VI de la loi d’orientation de 2002, comme base et référence pour  élaborer les programme et le système d’évaluation ou allons nous vers la conception de nouveaux référentiels ?

 

Hédi Bouhouch & Mongi Akrout, inspecteurs généraux retraités Tunis , Mai 2016

 

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