Le difficile métier de directeur d’école…le cas du privé

Le difficile métier de directeur d’école…le cas du privé

Par 11 novembre 2016
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La responsabilité d’un chef d’établissement est certes considérable et semée d’embûches pour ne pas leur offrir une réelle formation leur assurant des aptitudes raisonnables pour la bonne conduite de nos écoles. Il est inconcevable de livrer les perspectives d’avenir de nos enfants à des personnes sans le background, le savoir-faire et les outils psychopédagogiques qu’exige une telle profession, en permanente évolution.

Un chef d’établissement d’une école maternelle, primaire, secondaire ou supérieure, doit être en premier lieu, une personne passionnée d’éducation et dont l’enseignement est sa vocation majeure. Il doit aimer profondément, cette noble profession, qui n’est pas de tout repos et qui ne tolère ni l’improvisation ni le bricolage et où tous les efforts, convergent vers les apprenants et non vers quelques intérêts étriqués. 

Diriger une école, ne veut pas dire commander, ordonner, contraindre, mais, communiquer, animer, inspirer, faciliter, conseiller etc.  

Comme on ne s’improvise pas chef d’établissement, la formation est obligatoire pour le bon exercice de cette lourde responsabilité, comme c’est le cas pour tout intervenant dans ce domaine. L’école a ses singularités ses règles, son cadre législatif ses textes administratifs et ses principes auxquelles on ne peut pas se défaire. Il y a tout un travail en amont, qui n’est pas négligeable et qu’on ne peut pas balayer d’un haussement d’épaules.

 

 

En effet, un directeur d’école, doit impérativement, construire vigoureusement sa relation à l’enseignement, par l’acquisition d’une bonne connaissance de l’école et de son fonctionnement, dans son volet administratif et notamment dans son volet pédagogique.  

On ne gère pas une école comme on gère une entreprise commerciale. C’est bien l’avenir des apprenants qui est visé, ce qui revient à dire que c’est le devenir du pays qui est ambitionné. Une maladresse dans une fabrique de porcelaine, par exemple, ou de prêt à porter, peut se rattraper mais la négligence dans la construction d’un bon citoyen est fatale. L’ingénierie, le cheminement, et les critères de qualités ne sont pas identiques.

 Le XXIe siècle a ses exigences qu’impose la mondialisation. L’école évolue et exige, plus de disponibilité, plus de savoir faire, plus de rigueur plus d’engagement, et plus d’intégrité.  

Un diplôme aussi gratifiant soit-il, à lui seul, ne prédispose pas à diriger une école. Les livres ne remplacent nullement la formation et la pratique. On forme les citoyens de demain et tout le travail est subordonné à leur réussite. L’avenir d’un pays est entre les murs de ses écoles. Il s’agit donc de développer les conditions d’épanouissement et de réussite des élèves, par la mise en œuvre d’actions tangibles d’accompagnement et d’encadrement. 

L’école implique un mode de management spécifique, qui interpelle constamment la psychopédagogie, la socio-pédagogie, la cybernétique, la systémie, le MBTI, la PNL etc…l’acquisition de ces outils facilitent grandement la tâche au responsable pédagogique et améliorent la qualité de sa relation avec les enseignants, les élèves et les parents.

En effet, une formation, administrative et pédagogique, est fondamentale, pour piloter un établissement scolaire. Cependant, il est conseillé, pour éviter des dérives, de ne pas trop s’encombrer des traités et thèses livresques de la gestion des Ressources Humaines et du management entrepreneurial, dont le souci majeur est le rendement financier. Chaque domaine a ses exigences, ses dogmes, ses singularités et ses recommandations.

Pour s’inscrire dans une dynamique de progrès et d’évolution, l’école qu’elle soit privée ou publique, a besoin de gestionnaire performant, pour résoudre ses problèmes et non les complexifier, parce que mal outillés. L’identité d’une école est définie par la qualité de son équipe dirigeante, de ses enseignants, de ses élèves et de son directeur. Nous sommes dans un domaine très sensible où l’erreur est coûteuse, à l’apprenant, aux parents, comme à l’état.  

Pour cela, il est souhaitable de disposer d’un centre national de formation de cadres aptes à gérer l’école du XXIe siècle, avec dextérité et professionnalisme et s’acquitter au mieux de leur nouvelle et laborieuse fonction. Un centre avec des critères de formation, universelles, à l’aune de la mondialisation et du numérique. Ce centre doit aussi avoir pour préoccupation, la formation continue, à destination des directeurs confirmés pour enrichir ou renouveler leurs stratégies et pratiques. Il est évident que cela trouvera un bel écho au sein du système scolaire et participera fortement à sa réforme. 

 

Par Abdelkader Khalef, coordinateur pédagogique, enseignement privé

 

 

 

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