Témoignage : “Je ne suis ni paresseux ni bête…Juste dyslexique”

Témoignage : “Je ne suis ni paresseux ni bête…Juste dyslexique”

7 février 2014
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Pour de nombreux parents, faire face à la dyslexie n’est pas chose facile. Pour certains enfants, le trouble n’est jamais diagnostiquer et l’école préfère souvent ne pas s’y attarder. pour d’autres les solutions ne sont pas adaptées et les progrès souvent très limités. Les parents sont souvent démunis et sans réponse face à cette situation. Aujourd’hui pourtant, tous les espoirs sont permis. Entre les progrès réalisés au niveau du diagnostic et les nouvelles méthodes pour faire progresser les enfants, le temps de l’abandon des enfants dyslexiques est révolu. Nous vous proposons le témoignage de Madame Barbara Botti et de son fils Lorenzo, pour qui la rencontre avec une nouvelle méthode de prise en charge de la dyslexie a changé la vie.

 

“Je ne suis ni paresseux ni bête…Juste dyslexique. C’est mon combat et j’en suis fier !”

Bonjour, je suis Barbara maman de Lorenzo, 8 ans et demi et il souffre de troubles dyslexiques sévères. Italiens , nous résidons a Hammamet en Tunisie.
Lorenzo a été diagnostiqué en novembre 2012 a Hammamet, dyslexique dysorthographique, par une amie orthophoniste française.

Qu’est ce que la dyslexie ?

J’en avais toujours entendu parler ,sans en connaitre la complexité. Le jour où ce trouble a fait son entrée dans notre vie, après le choc il a fallu le connaitre,l’apprivoiser et surtout vivre avec sans relâche. Il nous a aussi permis de comprendre certaines réactions de Lorenzo et son retard dans la parole (il a seulement commencé à parler a l’age de 4 ans). Je savais que ce n’était pas normal, je me suis alors posé des questions sans avoir concrètement des réponses. Elles sont arrivées lors de son entrée a l’ école primaire , avec des dimanches a batailler pour faire les devoirs, des crises de larmes dues a son hypersensibilité (caractéristique fréquente de la dyslexie), et surtout une incompréhension totale de notre part.

Lorenzo pour nous, n’écoutait pas, ne travaillait pas a l’école, était incapable de retenir plus de 10 secondes une lettre de l’alphabet. Il a alors fallu avoir une autre psychologie et essayer de comprendre pourquoi Lorenzo n’avançait pas. Nous avons alors engagé un prof particulier, hors de question de baisser les bras. Mais rien n’y fait, et Lorenzo bloque.

C’est la que mon amie Marie intervient, elle est orthophoniste, elle exerce sur Paris. Après de longues discussions et de précieux conseils, la dyslexie se dessine petit a petit.
En novembre 2012, Marie prend les choses en main et commence par vouloir faire un bilan pour diagnostiquer Lorenzo. Il a peur et refuse en bloc, pour ne pas montrer ses difficultés , il ne l’accepte pas. Marie arrivera quand même a jouer avec lui sur des ateliers pratiques et elle sent rapidement que Lorenzo est touché par la Dyslexie… Le verdict nous assomme et nous soulage en même temps. Notre fils est dyslexique, comment l’aider ?

Déja en acceptant ce syndrome, sans se dire que nous, parents, sommes coupables et que surtout les enfants atteints de dyslexie ne le sont pas non plus. On nait dyslexique, on ne le devient pas. Comment faire comprendre a son enfant, ce que l’on a de plus cher, qu’il n’est pas anormal mais qu’il ne fonctionne pas comme les autres ? Comment lui expliquer qu’il faut prévenir son école, ses maitresses, sans que le regard des autres enfants change à son égard, qu’il ne le mettent pas de coté. La premiere chose à faire était donc d’informer l’école et les enseignants, de la part de qui j’ai reçu, et je les en remercie infinimment, une vraie écoute attentive, avec le souci de tout mettre en oeuvre pour aider Lorenzo. Je tiens spécialement à dire qu’il s’agit de l école IDEAL à Nabeul, envers la quelle je suis reconnaissante pour tout, pour l aide, le soutien et les moyens donnés pour aider ces enfants-ci.

J’étais malade à l’idée de dévoiler ce problème. Comment la direction de l école allait accepter ça ? Et surtout est ce qu’ils allaient pouvoir garder Lorenzo avec eux ? Cette peur était vraiment juste dans ma tete, car j ai trouvé au delà du bureau, une femme sensible à ca, qui a le même objectif que nous d’aider tous les enfants avec ces problèmes d’apprentissage. Je l’avoue c’est un mélange de souffrance et d’amour infini qu’il faut maitriser.

Mais comment ne pas le faire , la tâche qui nous attend est ardue et le parcours du combattant commence. Marie ne vit pas en Tunisie, et nous devons quand même trouver une solution. Trouver une orthophoniste ici en Tunisie,faire confiance à des gens que je connais pas pour rééduquer mon fils. Le travail commence alors mais Lorenzo n’accroche pas et refuse de voir les spécialistes, aucun résultat concret. On n’avance pas, et tout cela devient de plus en plus douloureux.

Lorenzo est-il prêt ? Accepte-t-il sa différence ? Mon discours vis-à-vis de lui est il bon ? Les questions reviennent comme une rengaine, un mal qui s’immisce et qui ne dit pas son nom.
Et puis l’éclair. Lorenzo parle et dit ce qu’il ressent, il sait que le travail ici en Tunisie ne lui apporte rien et il le sait depuis le début.Le déclencheur est une question d’enfant toute simple : «Maman moi aussi je veux lire et écrire comme les autres, pourquoi j’y arrive pas?…»

Cette question m’a sidérée.C’était une souffrance de plus, mon fils était conscient de sa difficulté sans pouvoir l’appréhender et j’avais pas la réponse à sa question. Il commençait à sentir la différence et la distance qui s’installait avec les autres enfants. De cette souffrance allait naitre pour nous une autre façon de fonctionner. Il avait enfin réussi, osé me poser la question. Pour une maman c’est un mélange de sentiments : tristesse profonde mais aussi à partir de ce moment là une envie encore plus féroce de battre.

J’appelle donc Marie, elle est expérimentée et son approche de la dyslexie est différente que celle pratiquée par les orthophonistes classiques. Nous décidons donc de prendre la direction de Paris. Encore une fois, je demande a Marie de me conseiller comment expliquer à Lorenzo leur methode de travail, et le bon exemple vient d’elle. J’explique donc à Lorenzo que Marie et Mme Weil sont des mécaniciens qui vont travailler pour reviser le moteur de sa voiture ( son cerveau), mais lui est le pilote, ce qui l’engage dans un travail d’équipe.

C’est bon, l’exemple est bien maitrisé par Lorenzo.

Lorenzo est prét, Mme Catherine Weil orthophoniste, et consoeur de Marie le prend en charge pour éviter la charge emotionnelle qui lie Marie à Lorenzo. Elles ont la même méthode de travail, et 6 séances sont programmées.

Première séance le lundi…et nous obtenons déjà un résultat le mercredi, sur la troisième séance. Lorenzo a réussi à garder en mémoire le mot que Mme Weil lui avait demandé de retenir ( le mot était Marie). Je suis fière, je ressens la passion et l’ amour des spécialistes vis-à-vis de mon fils. C’est la bonne méthode et cette rencontre va complètement changer notre vie. Lorenzo se sent mieux, il prend de l’assurance et de l’autonomie, il ose enfin , il ose parler en Français avec tout le monde sans se soucier des fautes…La lumière est enfin allumée, il voit le chemin et sait où il va. Il va même plus loin, il écrit beaucoup, pleins de petits mots, il apprend à aimer ça et les fait parvenir à Marie et Mme Weil.

Le lien est créé entre eux et je suis de plus en plus convaincue que pour chaque enfant il y a une bonne personne qui correspond. Marie se déplace sur Hammamet pour continuer le travail et faire progresser encore Lorenzo.

De cette rencontre nait une furieuse envie de faire profiter les autres parents et enfants en souffrance. Nous décidons alors de rencontrer les spécialistes ici en Tunisie pour leur expliquer cette nouvelle façon de travailler. Lorenzo nous accompagne et prouve par ses progrès que la méthode GELBERT est bonne.Tout s’enchaine, les orthophonistes tunisiennes que Marie et Mme Weil vont rencontrer demandent à être formées. Tout a changé pour Lorenzo et ça pourra changer pour plein d’enfants qui comme lui se trouvent dans un trou noir et qui ne voient pas une porte de sortie. La chose la plus importante est que nous, les parents, nous devons savoir écouter nos enfants et accepter en premier ce problème. Car ce n’est pas une maladie, ni un handicap, c’est un problème qu’il faut résoudre.

La première rencontre à Tunis a donné de très très bons résultats et en sortant du cabinet j’entends dire mon fils à Marie : «…Mon cerveau n’a jamais travaillé, là il commence a télécharger toutes les données…». Une autre phrase toute simple d’enfant qu’il faut écouter et développer. Évidemment cette phrase m’a donné d’autres émotions, Lorenzo est devenu positif, il croit en lui même mais surtout il a compris qu’il peut lui aussi comprendre.

Dorénavant les séances se feront en français pour Lorenzo, qui accepte avec plaisir les orthos tunisiennes (Cabinet Haifa Jandoubi, l’orthophoniste qui suit Lorenzo est Mme Wiem Brahem ), qui vont travailler comme il faudra, comme à Paris.

Le projet est en place et doit se développer sur la Tunisie par Marie Piro et Mme Catherine Weil. De notre coté , l’école et moi même y veillons tous les jours.

Le combat n’est pas encore gagné, juste une bataille tout au plus, mais aujourd’hui nous savons exactement où nous allons.

Ah oui…J’allais oublier aujourd’hui Lorenzo va mieux, il doit encore organiser ses journées et ordonner les choses dans sa tête, mais tout doucement cela commence à aller .

Je suis super fière de lui !

 

Barbara Botti

 

Pour en savoir plus sur la méthode GELBERT en Tunisie et la prise en charge des cas de dyslexie, contactez-nous à l’adresse contact@edupronet.com, nous ferons suivre vos demandes à Madame Barbara Botti.

Blog de Barbara Botti

Site web des Ecoles Idéales

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