Tunisie : Un Barcamp sur le Serious Game dans l’éducation

Tunisie : Un Barcamp sur le Serious Game dans l’éducation

Par 24 avril 2015
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Avec la démocratisation de l’utilisation des nouvelles technologies en classe, le Serious Game (jeu sérieux en français) prend de plus en plus de place dans l’éducation, en tant que support pédagogique à part entière. Cet outil permet aussi bien un travail sur des compétences pédagogiques transversales, q’une mise en situation de l’élève dans un contexte donné.

Le Serious Game dans l’éducation, consiste à utiliser un outil basé sur les nouvelles technologies pour faire passer un message pédagogique et/ou informatif de manière attractive, tout en capitalisant sur l’aspect ludique du jeu vidéo ou des simulations de situations.

Généralement, le jeu doit être conçu dès le départ pour remplir une fonction « sérieuse », contrairement aux jeux vidéo classiques qui visent à un simple divertissement. Cependant, de plus en plus d’enseignants associent à posteriori une fonction utilitaire et pédagogique à des jeux vidéo. On parle alors plutôt de Serious Gaming.

Ayant parfaitement compris les enjeux de ce concept pour l’éducation en Tunisie et pour anticiper sur les débouchés indéniables pour ses futurs diplômés, l’Institut Supérieur des Arts Multimédias de la Manouba (ISAMM) a organisé le jeudi 23 avril 2015 un « Barcamp* Serious Games », en partenariat avec le British Council et l’ l’Institut de la Francophonie pour l’Ingénierie de la Connaissance et la Formation à Distance (IFIC). cette rencontre a été l’occasion pour les participants d’échanger sur les différentes facettes du jeu vidéo et notamment l’utilisation du Serious Game dans l’éducation.

L’événement a ainsi rassemblé des profils divers et variés : des étudiants passionnés de développement de jeux, des enseignants adeptes de l’utilisation pédagogique des nouvelles technologies, des chercheurs en didactique et pédagogie, des associations de promotion des jeux culturels et des sociétés spécialisées dans le jeu vidéo. Selon Jihene Malek, professeur à l’ISAMM, l’objectif de cette journée était de : 

réfléchir à la manière de concilier les jeux vidéo avec d’autres domaines, dans lesquels ils peuvent apporter un réel avantage, surtout en matière d’apprentissage.

Pour madame Mona Laroussi, directeur exécutif de l’IFIC, si tout le monde conçoit aujourd’hui l’utilisation des jeux vidéo dans le monde de l’entreprise ou du marketing,

ces derniers peuvent également avoir une valeur ajouter dans un projet pédagogique. Ils peuvent également être intégrés dans le domaine culturel, touristique mais aussi dans celui de la santé.

Cette compatibilité est essentiellement expliquée par la complémentarité entre le Jeu (stratégie, action, simulation…) qui stimule l’éveil, la distraction et la satisfaction et le Sérieux (éducation, patrimoine, culture, communication…) qui nécessite une approche pédagogique, du travail et une évolution. En combinant les caractéristiques du Jeu et du Sérieux, on peut atteindre un objectif pédagogique et apprendre en s’amusant.

Le principal objectif du Barcamp était de faciliter le passage d’une simple idée sur l’usage du jeu vidéo comme outil pédagogique à une réflexion complexe sur les usages du Serious Game dans l’éducation. Par petits groupes, les différents participants ont notamment échangé sur la place à accorder à ce nouvel outil dans l’enseignement. Deux préoccupations essentielles ont occupés les débats : qui doit porter l’investissement dans le serious game (Ministère de l’Education ou entreprises privées) ? Quel apport de cet outil pour l’amélioration des compétences des nouveaux diplômés, bien en deça des attentes des entreprises.

Parmi les argumentations soulevées lors de ces échanges, les “pros” Serious Game ont souligné l’apport indéniable des jeux vidéo dans le domaine de l’éducation en Tunisie qui permettront de fructifier une nouvelle vision et une culture différente au sein de l’école. Ceci ne pourra que positivement impacter d’autres secteurs à fort potentiel comme le marketing, la médecine, le tourisme…

Pour les « antis », se pose essentiellement le problème du financement, qui manque énormément aujourd’hui pour innover dans ce domaine. En l’état actuel des choses, l’Education Nationale doit  avoir d’autres priorités pour ses investissements et il n’est pas certain que des entreprises se lancent dans l’aventure, étant donné les faibles perspectives du marché tunisien. 

Loin d’avoir été conflictuelle, ce Barcamp a notamment permis d’échanger sur les Serious Game et les possibilités offertes par l’utilisation des jeux vidéo dans le domaine de l’enseignement. Les différents participants ont pu se faire une idée plus précise sur le potentiel de l’utilisation de cet outil à l’école, mais aussi sur les principaux obstacles à son développement.

Cette première initiative d’échange d’expériences et de points de vues en appelle certainement d’autres et selon Jihene Malek, la prochaine étape consiste à organiser un « Dev Camp » axé sur le développement de Serious Game pour la classe.

*Un Barcamp (autre innovation dans la transmission de l’information et la créativité) est une rencontre, ou plutôt une non-conférence, ouverte, qui prend la forme d’ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants qui doivent tous apporter quelque chose au débat. C’est le principe « pas de spectateurs, tous acteurs ». Généralement, l’événement met l’accent sur les dernières innovations technologiques.

 

Pour aller plus loin :

Un super exemple de création de serious game en classe

Enseigner la programmation de manière ludique

Motiver les élèves grâce à une pédagogie alternative

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