Le Livre Blanc de la réforme du système éducatif tunisien

Le Livre Blanc de la réforme du système éducatif tunisien

Par 5 juin 2016
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Depuis la révolution de 2011, l’opinion publique et l’élite  se sont posé la question suivante : qu’attend t-on pour réformer le système éducatif tunisien ? A quand la révolution de l’école ? Et qu’attend cette dernière de la révolution ?

Ce  double questionnement est resté  au cœur des débats et des  réflexions  de 2011 à 2015 , les déclarations fusaient de toute part, et les visions  commençaient à prendre forme petit à petit grâce à la contribution des associations de la société civile et aux spécialistes de l’éducation et de la pédagogie à cette gestation.

Dans ce contexte de bouillonnement d’idées, nous nous attendions à ce que le gouvernement nous présente  un document fondateur qui fixe les grands traits et les grandes orientations de la nouvelle politique en matière d’éducation et de formation pour les années à venir sur la base des principes arrêtés par la nouvelle constitution et de la deuxième république et se référant aux choix philosophiques  relatifs à la vision nationale pour l’éducation, l’enseignement et la formation et au type de l’homme tunisien qu’on souhaite former et préparer et en tenant compte des orientations internationales dans le domaine de l’éducation et de la formation.

La  mise en place d’une nouvelle politique éducative, comme ce fut le cas au début des années soixante dix avec le premier Ministre Hédi Nouira  et à la fin des années 80 avec les Ministres Tijani Chelly, Mohamed Hédi Khélil et Mohamed Charfi  au début des années 90 , dépend des résultats  d’une évaluation globale du système en place  et tire sa légitimité de trois sources complémentaires au moins , qui sont :

♦ L’opinion publique au sens large du terme qui exprime des jugements d’ordre général sur le degré sa                       satisfaction et la confiance qu’elle a dans le système et sur la qualité  de son produit .

♦Les différentes composantes de la famille éducative (enseignants  de tous les degrés, formateurs, agents de direction et d’encadrement) qui sont habilitées à donner leurs avis sur les programmes, les moyens pédagogiques, le temps  et les rythmes scolaires, les projets éducatifs et autres questions

♦ Les évaluations internes et externes qui se font sur des bases scientifiques et qui se présentent sous la forme  de recherches , d’études, de rapports ou encore sous la forme de colloques et de conférences , ces évaluations portent des jugements généraux sur le système1 en fonction de ses objectifs , ses programmes et ses moyens , et aussi en fonction des orientations internationales dans le domaine de l’éducation dans un monde globalisé et dominé par les nouvelles technologies de l’information.

 

Le Ministère de l’éducation a réalisé depuis 2011 un travail de ce genre2 et il estime que « la phase d’analyse de l’état des lieux a eu le temps et les efforts qu’elle mérite et qu’il est temps d’agir pour la changement », c’est dans ce cadre qu’il vient de publier « le livre blanc pour la réforme du système éducatif tunisien ».

 

Vu l’importance de ce document, le blog pédagogique a voulu lui consacrer une note pour le présenter et le commenter à ses lecteurs, en vue de les encourager à le consulter.

 

Nous reprenons dans ce dossier, les différentes analyses et commentaires réalisés par messieurs Hédi Bouhouch & Mongi Akrout, inspecteurs généraux retraités.

 

Note des Auteurs : 

Livre Blanc 

L’expression « livre blanc » remonte au début du XXe siècle en Grande Bretagne. A l’époque, toutes les lois et les grands rapports britanniques étaient brochés avec des reliures épaisses de couleur bleue. Mais le format n’était adapté qu’aux ouvrages très épais. Les rapports plus fins étaient donc reliés avec une autre reliure, plus fine, de couleur blanche »   , Les premiers livres blancs officiels ont été publiés dans les années 1920 en Grande Bretagne à propos du mandat britannique en Palestine. …connu sous le nom de « livre blanc de Churchill » …Aujourd’hui, les gouvernements britanniques ont conservé les deux expressions « livre blanc » et « livre vert » pour désigner des rapports officiels contenant des mesures et des objectifs à long terme.

Aujourd’hui, on appelle « livre vert » un document de réflexion commandé par le gouvernement et qui contient toute une série de propositions, d’idées sur un sujet donné. L’objectif est de lancer le débat d’idées. Le livre blanc, plus compact que le livre vert et plus concret : un tri a été effectué par rapport au document précédent et des propositions concrètes ont été formulées.

1- Voir à titre d’exemple les rapports préparés en 2009 par  l’inspecteur général de l’éducation Hédi Bouhouch quand il était chargé de mission auprès du Ministre Hatem Ben Salem dans le cadre de l’évaluation de l’école primaire :  L’image de l’école primaire aux yeux des statistiques scolaires (décembre 2009), le système d’évaluation au premier cycle de l’enseignement de base ( 2009), les ressources humaines  de l’école primaire (personnel enseignant, de direction et d’encadrement pédagogique), la vie scolaire au premier cycle de l’enseignement de base ( 2010). Voir aussi le rapport général sur l’amélioration de la qualité de  l’enseignement de base( 2010) et les PV des travaux des commissions.

2- Le rapport de synthèse sur le dialogue national autour de la réforme du système éducatif (dialogue des régions) sept 2015, rapport de la première réunion de la commission sectorielle pour la préparation du plan stratégique pour la période 2016-2020, octobre 2015. L’état du système éducatif : première partie du plan stratégique 2016-2020 , octobre 2015.

 

Retrouvez l’intégralité de l’article sur le blog des auteurs : Le Livre Blanc, projet de réforme du système éducatif

 

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