Tentative de conceptualisation de la classe inversée.

Tentative de conceptualisation de la classe inversée.

Par 14 novembre 2015
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Sous une certaine forme, les classes inversées existent depuis longtemps. Il suffit d’ailleurs, de donner un cours à lire à la maison et de réserver la séance en classe pour répondre aux questions et faire des exercices pour parler de classe inversée. En cela, cette méthode présente-t-elle des  différences par rapport à une pratique pédagogique traditionnelle ou on donne la théorie d’abord, l’application ensuite ?

Beaucoup d’enseignants demandent à leurs élèves de lire un texte, un chapitre, de regarder une vidéo ou de faire des recherches…avant le cours. Mais peut-on parler concrètement d’innovation pédagogique ? En effet, pour qu’une méthode d’apprentissage soit présentée comme une innovation, il faut qu’elle soit ancrée dans l’ensemble du système éducatif, qu’elle intègre les habitudes d’enseignement pour dépasser le stade d’expérimentation et devenir une pratique courante.

Dans une tentative de modélisation et de systématisation du concept de classe inversée, Marcel Lebrun, Docteur en Sciences,  professeur en technologies de l’éducation et conseiller pédagogique à l’Institut de pédagogie Universitaire et de Multimédias (Université Catholique de Louvain, Belgique), explique que l’équation ” cours à la maison, devoirs en cours”, ne représente que le stade premier de la classe inversée.  

En effet, le spécialiste en pédagogie identifie pas moins de 3 niveaux de « Flipped Classroom » ou chaque pallier représente le franchissement d’une étape supplémentaire par rapport au niveau précédent.

concept de classe inversée

 
Niveau 1 de la classe inversée : Lectures at Home and HomeWork in Class

Le premier niveau de la classe inversée représente en soi une petite révolution par rapport à l’enseignement dit « traditionnel ». Même si le théorique précède toujours la pratique, la méthode est différente : l’élève est invité à découvrir le cours tranquillement chez lui (avec des ressources proposées par l’enseignant) et la séance de classe est réservée à des activités de débats, une session de questions/réponses…

 
Niveau 2 de la classe inversée : contextualisation et interactivité

Pour le deuxième niveau, outre la simple inversion des temps d’apprentissage, l’enseignant propose des activités qui permettent à l’élève de contextualiser et d’être en interactivité avec l’apprentissage. Ainsi, l’apprenant se voit proposer en dehors de la classe des activités de recherche, de préparation, seul ou en groupe. Le temps du « cours » étant aussi consacré à des exposés, des débats modérés par les élèves…

 

 
 Niveau 3 de la classe inversée : l’approche cyclique

La solution « idéale » serait en fait une solution hybride combinant les 2 niveaux de la classe inversée en un cycle d’apprentissage systématisé. Ainsi, en dehors de la classe, l’enseignant alternerait entre les ressources « imposées » et les recherches à faire par les élèves. En cours, il proposerait une diversification des activités entre expérience concrète, observation réfléchie, conceptualisation abstraite et expérimentation active.

 

Cette approche hybride de la classe inversée représente un bon compromis entre différentes méthodes d’apprentissage, différents courants pédagogiques. A chaque enseignant de trouver le bon équilibre pour atteindre ces propres objectifs. 

 

Comprendre l’intégralité du modèle sur le blog de Marcel Lebrun

 

 

 

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