Utiliser les réseaux sociaux en classe

Utiliser les réseaux sociaux en classe

Par 12 septembre 2013
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Vous êtes enseignant et cette année, pour être en phase avec vos élèves vous souhaiter intégrer l’utilisation des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) dans votre pédagogie ? Avant de vous lancer, voici quelques conseils et pistes de réflexion pour optimiser l’utilisation de ce nouvel outil dans votre enseignement. Avant de commencer, il est vivement recommander d’utiliser personnellement et à des fins privées l’outil en question et de bien le maîtriser.

Il faut tout d’abord bien comprendre la « philosophie » du réseau choisi,  les codes de communication et les règles qui s’y appliquent pour permettre un meilleur usage en classe.

 

Un réseau social en classe pour quoi faire ?

Comme on ne donne pas un livre à lire à ses élèves sans l’avoir lu avant, sans y voir un intérêt pédagogique, sans avoir défini à l’avance ce qu’il apportera en termes d’enseignement. De même on intègre pas un réseau social en classe, sans en avoir défini la portée pédagogique et le plus que ce nouvel outil apportera à sa classe. Ceci est possible que si on donne sa fonction à l’outil et qu’on établit le périmètre d’utilisation. Sans cette réflexion, on risque l’improductivité pédagogique et on limite le réseau social à un rôle de gadget.

De nombreuses expériences réalisées montrent que les usages des réseaux sociaux peuvent être très variés : production en classe, moyen de communication et ouverture de la classe sur l’extérieur, soutien entre élèves, interactivité entre la classe et son environnement. Ce n’est pas la pédagogie qui s’adapte au réseau mais bien le réseau qu’on adapte à ses besoins et qui devient un outil d’enseignement.

 

Quant utiliser le réseau social ?

On peut limiter l’utilisation du réseau social uniquement au temps de classe proprement dit. Mais l’utilisation du web 2.0 dans l’enseignement décloisonne la classe, permet à l’enseignant de garder le contact avec les élèves plus facilement et favorise l’interactivité même en dehors des heures de cours. Le réseau social peut ainsi étendre la relation pédagogique. Cependant, il faut contrôler cette extension sur le temps « personnel ».

Les échanges sur les réseaux sociaux sont généralement asynchrones. Le message est posté, le destinataire du fait de son adhésion au réseau  de l’expéditeur s’engage à lire et à répondre si besoin. Si un élève pose une question lors des jours de repos, la seule obligation de l’enseignant est d’y répondre…quand il trouve le temps.

 

Utiliser un compte « classe » ou des comptes personnels (enseignant/élève)

Avec la définition des usages pédagogiques souhaités, vient la création des comptes. Un compte de la classe ? Un compte par élève ? Un compte élève à n’utiliser qu’en classe ? Un compte personnel ? Les usages et les expériences montrent que les réponses sont variées et dépendent de l’usage que l’on souhaite faire du réseau social.

Un compte classe est plus adapté au primaire et au collège. C’est l’enseignant qui gère, qui détient le mot de passe et qui organise la « production » de messages. L’élève peut y publier mais sous le contrôle et les conseils de l’enseignant. Ceci non pas pour surveiller et restreindre l’élève mais pour l’accompagner de manière cohérente dans son apprentissage 2.0. Faire créer un compte à l’élève c’est lui donner un outil qui doit être maîtrisé par l’enseignant.

A partir du collège, l’élève acquiert un début de maturité numérique qui lui permet de mieux appréhender les enjeux liés aux pratiques des réseaux sociaux.

Un compte peut également être créé par la classe  pour un événement spécial : projet de classe, sortie éducative…

La dissociation stricte des comptes personnels de l’enseignant et des élèves des comptes « classe » est indispensable. L’élève n’a pas avoir accès aux données, opinions, prises de position privées de l’enseignant (et réciproquement !). Le réseau social tendrait à faire tomber certaines barrières strictes que la fonction d’enseignant impose, c’est un risque qu’il ne faut surtout pas prendre. L’enseignant reste enseignant qu’il s’adresse à l’élève en classe ou via un ordinateur.

 
Avec quels moyens ?

Comme tout usage du numérique dans l’enseignement, la question fondamentale est celle du matériel disponible. Généralement les établissements sont sous équipés voire pas du tout équiper (pas d’ordinateur et/ou pas de connexion internet). Une célèbre publicité d’un opérateur téléphonique en Tunisie, nous montre un professeur dans une zone rural qui met à disposition de sa classe son propre ordinateur avec sa propre clé 3G. L’idéal serait de disposer d’un accès à plusieurs postes une ou deux heures par semaine. A terme, l’utilisation optimale des réseaux sociaux en classe ne peut se faire que par la mise à disposition à l’ensemble des élèves de terminaux mobiles (Smartphones, tablettes…).

Pour adapter les usages hors du temps de classe, l’équipement personnel de l’élève doit être pris en compte. Impossible d’exiger des élèves des interactions sur les réseaux sociaux en dehors du temps de classe si certains n’ont pas un accès personnel à internet. Dans certaines régions les « publinet » (centre d’accès à internet) n’existent pas et certains élèves ne peuvent pas se permettre ce « luxe ».

Ce point est une contrainte qui peut restreindre les pratiques envisagées hors de la classe. Il faut prendre garde à ne pas créer de « e-exclusion » et accentuer la fracture qui peut y avoir au niveau de la classe. Même pour les élèves équipés, l’enseignant n’a pas réellement de prise sur le degré d’implication de l’élève en dehors de la classe (comme c’est déjà le cas avec d’autres outils pédagogiques tels que les livres).

 

 Quelles règles pour un nouvel outil ?

 Même si il y a aucune règle ni réglementation officielle en la matière (l’Education Nationale n’a pas encore pris en compte la mesure de l’utilisation des réseaux sociaux en classe) il est indispensable pour l’enseignant de présenter et soumettre son projet d’usage des réseaux sociaux à sa direction, aux autorités pédagogiques et aux parents (n’oublions pas que l’élève est généralement mineur). Souvent, les réseaux sociaux font peur et l’association Facebook-dérives-danger est très courante. Proposer un projet pédagogique cohérent autour des réseaux sociaux peut aider à rassurer. Il faut ainsi expliquer l’outil et faire comprendre l’intérêt pour l’élève en matière de pédagogie.

Il est également très utile d’établir avec les élèves une charte d’utilisation du réseau social. C’est généralement l’âge où ils découvrent le web 2.0 avec l’usage de Facebook, Twitter, les blogs et le « Tchat » et il faut établir des gardes fous et distinguer l’utilisation en classe des pratiques et usages personnels.

 

Accompagnement des élèves

Avant de se lancer dans un projet pédagogique associé aux réseaux sociaux, et tout au long du projet, il est nécessaire de mener une vrai éducation 2.0 auprès des élèves. Ce n’est pas parce qu’ils ont l’habitude d’utiliser Facebook qu’ils maîtrisent tous les paramètres liés à ces usages.

Comme l’utilisation est ici strictement pédagogique, elle doit intégrer des apprentissages (droits et devoirs du citoyen, respect des individus et de la vie privée…)

C’est également l’occasion d’accompagner l’élève dans la création d’une identité numérique positive : quel pseudo ? Quel avatar ? Quelle biographie ? Quelles informations peut-il diffuser ?

 

Pour conclure, l’utilisation des réseaux sociaux en classe et dans la pédagogie ouvre beaucoup d’horizons et de possibilités, les usages sont variés et variables selon les besoins et adaptables aux élèves, aux conditions de travail, aux programmes…Une grande liberté qui ne doit pas faire oublier que ces usages doivent être très encadrés pour une vraie éducation…

 

Pour aller plus loin :

Guide d’utilisation pédagogique des réseaux sociaux

De l’utilité des réseaux sociaux en pédagogie

Une pédagogie renouvelée grâce aux TICE et aux réseaux sociaux

 

 

 

 

 

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