Apprentissage fortuit : exploiter l’enseignement involontaire, non planifié

Apprentissage fortuit : exploiter l’enseignement involontaire, non planifié

Par 25 avril 2016
FavoriteLoadingAjouter aux favoris
  •  

 

Troisième volet de notre série sur les innovations pédagogiques dans lequel nous nous intéressons à un enseignement qui se fait de manière involontaire et non programmée : apprentissage fortuit. Celui-ci peut avoir lieu n’importe quand et n’importe où : à la maison, en travaillant, ou sur un trajet. Il n’est pas dirigé par un tuteur, ne suit pas un programme défini et ne donne lieu à aucune certification. Il se produit généralement lors d’activités que les apprenants entreprennent par choix et se construit dans les occupations du quotidien ou les loisirs.

 

En collaboration avec les chercheurs du Centre pour les Technologies dans l’enseignement (SRI International), le laboratoire de l’Institut des Technologies de l’Education de l’Open University a analysé diverses formes d’enseignement, d’apprentissage et d’évaluation pour guider les enseignants et les responsables pédagogiques vers plus d’innovation.    

A partir du 4ème rapport sur l’innovation pédagogique réalisé par l’ « Open University », Edupronet vous propose d’explorer  10 tendances d’apprentissage en cours d’utilisation et qui impactent de manière importante l’éducation.

 

       A LIRE AUSSI

       Apprentissage par argumentation : développer les compétences du raisonnement scientifique

 

Apprentissage fortuit sous l’angle de la recherche

Les jeunes enfants s’engagent dans des apprentissages «fortuits » lorsqu’ils développent leurs aptitudes à parler, jouer, interagir avec leurs familles…Par le jeu non structuré, ils peuvent apprendre à résoudre des problèmes, utiliser une langue, acquérir des compétences sociales, physiques et d’autogestion.

D’ailleurs, les systèmes éducatifs ont, pour un certain nombre, intégrer que les enfants peuvent apprendre par le jeu et la découverte. Mais certaines écoles sont encore peu sensibilisées au fait que les enfants qui débutent leur scolarité ont déjà acquis des aptitudes d’estimation, de créativité, de résolution de problèmes, et que la conception de jeux pourrait constituer la base d’un nouveau programme pour les premières années. Cet apprentissage fortuit continu d’ailleurs à l’âge adulte, mais n’est généralement pas pris en compte par les recruteurs ou les employeurs. 

Des chercheurs ont identifié les facteurs clés de succès d’un apprentissage « fortuit ». Ceux-ci comprennent : les objectifs des apprenants, les personnes avec lesquels ils discutent et interagissent, les outils qu’ils ont à leur disposition, leur localisation et leur temps disponible.  La maîtrise de ces facteurs améliore la compréhension de l’apprentissage « involontaire » qui s’installe et permet la mise en place d’un environnement pour renforcer ce type d’enseignement. 

 

 
Soutenir un apprentissage fortuit

Les concepteurs de jeux vidéo intègrent déjà le référentiel de l’apprentissage involontaire dans leurs créations, aussi bien par la mise en place de défis ou  l’octroi de récompenses, qu’en proposant différents paysages à découvrir, des règles à deviner, ou des motivations et actions de personnages à interpréter.  Les Serious Game emploient les mêmes recettes que l’apprentissage non planifié pour enseigner une langue, faire découvrir une culture par l’immersion des joueurs dans un environnement étranger (ce qui ressemble fortement aux voyages d’immersion linguistique et culturelle qui existent depuis le 18ème siècle).

 

      A LIRE AUSSI

      4 bonnes raisons d’utiliser le jeu en classe

 

Les enseignants de seconde langue ont d’ailleurs depuis longtemps reconnu les avantages de l’expérience d’un apprentissage en contexte réel vécu par les apprenants immergés dans un environnement authentique d’enseignement d’une autre langue. Ainsi, ils encouragent leurs élèves à tenir des conversations de tous les jours dans la nouvelle langue ou à regarder des films en version originale. 

De nombreux professeurs explorent les différentes possibilités de concevoir des expériences d’enseignement basées sur des apprentissages involontaires qui ont lieu dans plusieurs autres endroits, hors de la salle de classe. Ces approches incluent un appui aux élèves pour réfléchir sur les différents apprentissages se déroulant dans leur quotidien et établir des liens entre un apprentissage fortuit et un apprentissage délibéré dans le cadre du parcours scolaire.

 

De nouveaux outils pour des pédagogies adaptées.  

Il existe de nombreux nouveaux outils prometteurs pour exploiter les avantages de l’apprentissage involontaire. Ainsi, certaines applications mobiles permettent de socialiser l’apprentissage, qui est produit par les utilisateurs.

D’autres outils, basés sur l’apprentissage fortuit permettent d’ajouter une structure de tutorat virtuelle pour l’apprentissage « sur le tas ». Ceci inclut la possibilité pour les utilisateurs de créer un contenu et de se connecter avec leurs collègues.

 

Ainsi, bien qu’un apprentissage fortuit peut enrichir l’enseignement formel et prend place tout au long de la vie, il présente des défis importants pour les enseignants et les élèves.  On en sait certes peu sur la façon dans les enfants acquièrent des compétences en langue, arithmétique ou en interaction sociale, mais les chercheurs commencent à identifier les processus d’apprentissage involontaire. Ainsi, les enseignants peuvent réfléchir sur de nouvelles pédagogies construites sur les compétences préexistantes chez les enfants et qui seront développées tout au long de leur vie. 

 

Commentaires

commentaires