Les innovations pédagogiques en 2017

Les innovations pédagogiques en 2017

Par 7 janvier 2018
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L’Open University a publié son rapport annuel sur les innovations pédagogiques qui auront un impact sur la manière d’enseigner dans les prochains mois. Pour cette 6ème édition, les chercheurs britanniques ont essayé d’identifier les nouvelles formes d’apprentissage et d’évaluation qui pourraient guider les enseignants, les pédagogues et les décideurs politiques en vue de transformer l’enseignement et d’améliorer la qualité de l’éducation.

Comme ses prédécesseurs, ce rapport annuel propose dix innovations pédagogiques mises en place dans certains environnements, mais encore peu généralisées dans le monde de l’éducation. Nous vous présentons ici les concepts, théories et pratiques innovantes en matière de pédagogie susceptible de boulverser les pratiques éducatives et de révolutionner l’éducation à court, moyen et long terme.

 

 
Apprentissage par intervalles

On sait depuis longtemps qu’un élève apprend et retient mieux les notions et concepts lorsque ceux-ci sont transmis dans une série de petits modules espacés, plutôt que dans une longue session d’enseignement, telle une conférence. De récentes recherches en neurosciences ont révélé le processus de production des souvenirs à long terme par le cerveau.

Ceci a permis de mettre en œuvre une méthode d’enseignement basée sur la répétition espacée qui se déroule selon la séquence pédagogique suivante : (1) un enseignant donne de l’information pendant 20 minutes ; (2) les élèves prennent une pause de 10 minutes pour participer à une activité pratique, non reliée au sujet étudié, comme l’aérobic ou la modélisation ; (3) on demande aux élèves de restituer l’information clé pendant 20 minutes, puis de faire une pause de 10 minutes ; et enfin (4) les élèves mettent en pratique leurs nouvelles connaissances pendant 20 minutes.

Une étude réalisée sur des élèves soumis à l’espacement de l’enseignement montre une meilleure rétention de l’information en comparaison à des élèves ayant été confrontés à un enseignement « classique ». Cependant un test à grande échelle est nécessaire pour savoir si cette méthode peut constituer une innovation pédagogique pertinente pour nos systèmes éducatifs.

 

La pratique des sciences

Les élèves ont besoin d’acquérir les compétences et les connaissances qui leurs permettront de résoudre les problèmes, évaluer les données probantes et donner un sens à une information complexe provenant de diverses sources. Une pratique et une bonne compréhension des sujets liés aux sciences, à la technologie, et aux mathématiques permet de développer ses différentes compétences et aider les élèves à faire face aux défis du futurs.

Aider les élèves à mettre en pratique des concepts scientifiques peut leur permettre d’améliorer leurs connaissances sur le contenu. Cela permet également de développer leurs compétences scientifiques, contribuer à leur épanouissement personnel et engendrer une meilleure compréhension de leur environnement. Cette mise en pratique de la science peut passer par la participation et la contribution à des activités citoyennes et extra scolaires qui sont pertinentes sur le plan de l’épanouissement personnel, qui favorisent l’engagement avec les sciences sociales et naturelles et améliorent la compréhension de la méthode scientifique, la pensée critique et la réflexion.

 

Des manuels scolaires « ouverts »

Les manuels « ouverts » sont des ressources librement partageables et modifiables, conçues pour remplacer le manuel scolaire traditionnel. Dans ce cadre, les ressources éducatives ne sont pas bloquées par les restrictions du droit d’auteur, mais disposent de licences libres qui permet à tout le monde de les réutiliser, de les modifier, de les réviser, de les redistribuer et de les conserver.

En tant qu’approche, « Open Textbook » peut être utilisée pour remettre en question la relation de l’élève au savoir et de donner accès à des ressources dynamiques et des manuels adaptables. Les élèves peuvent éditer et modifier un manuel ouvert tout au long de leur scolarité. Cela les aide à comprendre la connaissance comme un processus continu dans lequel ils jouent un rôle actif. Ces manuels peuvent être considérés comme faisant partie d’un mouvement plus large vers une « pédagogie ouverte », qui met l’accent sur les contenus libres et les pratiques ouvertes.

 

Évoluer dans un environnement de « Manipulation de l’information»

« Fake News » fut le mot de l’année 2016, selon le dictionnaire d’Oxford. Les fausses nouvelles et les fausses bulles d’information ne sont pas un phénomène nouveau, mais la prise de conscience de leur impact sur l’opinion publique et la vitesse de leur propagation avec les réseaux sociaux, s’est accrue. Les gens doivent pouvoir évaluer et partager l’information de façon responsable. Une réponse consiste à intégrer ces compétences dans le curriculum. Cependant, cela soulève des interrogations quant aux méthodes de classification des sources fiables.

La manière dont les personnes réfléchissent à de telles questions est appelée « cognition épistémique ». Les chercheurs ont mis au point des moyens de renforcer la cognition épistémique des apprenants. Il s’agit notamment de développer la compréhension de la nature des connaissances et de la justification, ainsi que d’encourager les capacités à évaluer la validité des revendications et à formuler des arguments solides.

 

L’empathie inter-groupes

Les environnements en ligne, comme les réseaux sociaux, forment des espaces virtuels planétaires. Dans ces situations, des personnes d’origines différentes interagissent entre elles, même si elles proviennent de pays ou de cultures engagés dans des conflits. Dans ce cadre, des compétences comme la communication, le travail en équipe et l’empathie sont importantes.

Lorsque les groupes sont séparés, ils risquent de développer des stéréotypes négatifs les uns sur autres. Ces stéréotypes sont associés aux préjugés, à l’hostilité et à l’agressivité. Les membres des groupes qui n’ont pas la possibilité de nouer des contacts sociaux constructifs peuvent penser en termes de « nous » par rapport à « eux ». Cette perspective rend difficile l’empathie, la compréhension et le partage des sentiments des membres de l’autre groupe.

Les effets des conflits intergroupes peuvent se répercuter sur les communautés en ligne, provoquant de fortes émotions négatives et l’utilisation de stéréotypes. Dans de tels cas, les activités conçues pour promouvoir l’empathie entre les groupes peuvent apporter des réponses efficaces et aider à réduire les tensions.

 

Apprentissage en immersion

L’apprentissage basé sur l’expérience et l’exploration peut être intensifié par l’immersion. Cela permet aux apprenants de vivre une situation, en déployant leurs connaissances et leurs ressources pour résoudre un problème ou mettre en pratique une compétence. L’apprentissage vient de l’intégration de la vision, du son, du mouvement, de la conscience spatiale et même du toucher.

Traditionnellement, l’immersion exige que les apprenants mettent en scène des scénarios ou participent à des enquêtes, avec des acteurs et des accessoires pour simuler la réalité. En utilisant des technologies telles que la réalité virtuelle, les écrans 3D ou les appareils mobiles, les apprenants peuvent expérimenter l’apprentissage immersif en classe, à la maison ou à l’extérieur. Cela leur permet d’explorer des possibilités qui seraient difficiles, dangereuses ou impossibles dans la vie de tous les jours. La participation à un apprentissage immersif bien conçu est susceptible d’être stimulante et mémorable.

 

Analyses menées par les élèves

Au cours de la dernière décennie, l’analyse analytique de l’apprentissage a aidé les établissements, les enseignants et les décideurs à comprendre l’apprentissage et les résultats des élèves. Ces analyses utilisent les données générées lors des activités éducatives afin d’améliorer l’apprentissage et l’enseignement. Ils se concentrent souvent sur la manière dont les enseignants et les institutions peuvent aider les apprenants à réussir un test, un module ou un diplôme.

Des analyses dirigées par les élèves d’un autre coté, invitent les élèves non seulement à réfléchir aux commentaires qu’ils reçoivent, mais aussi à les mettre sur la voie de la définition de leurs propres objectifs d’apprentissage. Ces analyses mettent les apprenants en position de conduite. Les apprenants peuvent décider quels objectifs et ambitions ils veulent atteindre, et quels types et formes d’analyse analytique de l’apprentissage ils veulent utiliser pour atteindre ces objectifs. Les analyses aident ensuite les apprenants à atteindre les objectifs fixés.

 

Questionner le Big Data

Les nouvelles formes de données, leur visualisation et l’interaction humaine avec elles changent radicalement et rapidement. Par conséquent, la signification et l’implication de la « maîtrise des données » est également en train de changer. À l’ère du Big Data, les gens ne devraient plus être des destinataires passifs de rapports fondés sur des données. Ils doivent devenir des explorateurs de données actifs qui peuvent planifier, acquérir, gérer, analyser et déduire des données.

Le but est d’utiliser les données pour décrire le monde et répondre à des questions surprenantes à l’aide d’outils d’analyse de données et de visualisation. Comprendre les grandes données, leurs pouvoirs et leurs limites est important pour une citoyenneté active et pour faire face aux défis du futur. Les étudiants d’aujourd’hui doivent donc apprendre à travailler et à penser avec des données dès leur plus jeune âge, afin d’être préparés aux différents environnements qui les entourent.

 

Apprendre avec des valeurs internes

Tout au long de la vie, un apprentissage significatif est déclenché, suivi et pris en charge par nous en tant qu’individus. Cet apprentissage est enraciné dans nos propres besoins et intérêts et façonné par nos valeurs internes. Toutefois, les écoles, engagées dans un programme national, doivent se conformer à un ensemble de valeurs extérieures. Il est peu probable qu’ils s’alignent exactement avec l’apprentissage fondé sur les valeurs internes de chaque élève.

Des efforts ont été faits pour concevoir et développer des programmes capables de relever ce défi. L’approche principale offre aux élèves la possibilité de choisir ce qu’ils apprennent et comment ils apprennent. Dans le même temps, elle leur donne les moyens de développer des systèmes de gestion de l’information appropriés, des connaissances, des compétences et des façons de penser afin d’appuyer leur apprentissage. Cette approche établit un équilibre entre l’apprentissage fondé sur les valeurs internes des élèves et l’apprentissage requis par les valeurs normatives des systèmes éducatifs.

 

Communautés humanistes de développement du savoir

Le but de l’éducation humaniste est d’aider les gens à devenir ouverts à l’expérience, très créatifs et autogérés. C’est une approche centrée sur la personne. Les communautés de développement du savoir visent à faire progresser la connaissance collective d’une communauté.

C’est une approche centrée sur les idées. Lorsque les deux approches sont combinées, elles en créent une nouvelle : les communautés humanistes du savoir. La recherche montre que les élèves qui participent à ces communautés (CHS) développent leurs connaissances et se développent de façon intégrée et transformatrice.

 

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