L’éducation en 2016

L’éducation en 2016

Par 3 janvier 2016
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Le début d’année est bien évidemment propice aux vœux et aux résolutions. C’est également l’occasion de se muer en « astrologue » et de prédire ce qui se passera au cours de l’année à venir.  A l’image de ce qui se fait pour d’autres domaines, comme l’économie, la politique ou le sport, nous nous sommes livrés au difficile exercice des prédictions pour vous présenter ce que devrait être l’éducation en 2016.

Mais avant de s’immerger dans cet exercice de prospective, nous ne pouvions pas débuter ce premier article de 2016, sans vous souhaiter au nom de toute l’équipe d’Edupronet, une bonne et heureuse année 2016. Que celle-ci soit remplie de bonheur et vous apporte du succès dans tous vos projets qu’ils soient personnels et professionnels…

L’éducation en 2016 devrait connaitre des changements et des bouleversements importants que ce soit en termes de méthodes d’enseignement, d’outils utilisés ou d’évaluation des performances. Les principales transformations devraient ainsi porté essentiellement sur l’intégration de nouveaux outils technologiques dans les classes, une meilleure prise en compte des besoins des élèves, la mise en place de systèmes plus justes et plus inclusifs et un retour en grâce du modèle finlandais. Surtout, 2016 devrait conforter la nécessité pour le secteur de l’éducation de s’adapter et de répondre à des enjeux de plus en plus importants.

 

Une meilleure intégration des outils numériques en classe. 

Avec l’explosion de l’équipement en smartphones et la multiplicité des ressources pédagogiques disponibles sur Internet, les enseignants manquent de plus en plus de temps pour trouver, tester et adapter les nouveaux outils numériques. Ils sont confrontés à une masse d’information, qu’ils ont de plus en plus de mal à digérer…Beaucoup se tournent vers les réseaux sociaux pour se documenter, interagir et partager leurs expériences et leurs idées, mais ces plateformes ne sont généralement pas adaptées aux besoins spécifiques de l’enseignement.

Dans les prochains mois, on assistera certainement à la multiplication des outils permettant de centraliser des ressources pédagogiques adaptées à une utilisation en classe et dans les écoles. De même, de plus en plus d’établissement chercheront à mieux apprendre aux élèves à utiliser les nouveaux outils et à mieux gérer leurs rapports aux TIC et leur présence sur les réseaux sociaux (e-réputation).

A l’image du Maroc engagé depuis longtemps dans la voie du numérique, à travers le programme GENIE,  de nombreux pays africains devraient mettre en place des programmes nationaux de migration vers l’école numérique et de renforcement des capacités des enseignants en matière d’utilisation des outils technologiques dans l’enseignement. 

La multiplication des écrans et la croissance du taux d’équipement des élèves permettront également aux enseignants de multiplier les expérimentations TICE et de mieux interagir avec les élèves. Le BYOD (Bring Your Own Device) sera probablement une tendance forte de l’éducation en 2016.

 

La migration vers la classe inversée

A la recherche d’une pédagogie plus axée sur la collaboration et la différenciation des apprentissages, de plus en plus d’enseignants et d’établissements se tournent vers le modèle de la classe inversée. Les élèves passent ainsi leur temps en dehors de la classe à suivre les leçons sur des vidéos enregistrées stockées en ligne et consacrent le temps de la classe à pratiquer, s’exercer et réaliser des activités. 

Par rapport au modèle traditionnel, l’approche de la classe inversée permet une application des connaissances dans un environnement ou l’enseignant peut apporter une rétroaction constante. Cela permet aux professeurs d’encourager la collaboration en classe et de center les apprentissages sur les élèves. Avec l’intégration des outils numériques dans les classes et la croissance de l’équipement des domiciles des élèves, cette pratique pédagogique devrait largement progresser en 2016.

 

L’éducation aux langues

Dans un contexte de mondialisation à outrance, parler plusieurs langues présente des avantages de plus en plus évidents. De même, les récentes découvertes scientifiques ont fait émergé un consensus sur les avantages du bilinguisme en matière de compétences transversales et d’augmentation significative des capacités cognitives des élèves qui maitrisent plusieurs langues. 

De plus en plus de parents souhaitent que leurs enfants aient une éducation bilingue, voire trilingue et les écoles « internationales » se développent dans toutes les régions du globe. Parmi les langues les plus prisées, on trouve l’anglais, le chinois, le français et dans une moindre mesure l’espagnol (au niveau mondial, la langue arabe ne fait pas encore parti des compétences jugées indispensables). Ainsi, en 2016 ce type d’établissement va largement continuer son expansion. Le bilinguisme, voire le trilinguisme sera intégré de plus en plus dans l’apprentissage des plus jeunes et on devrait voir se développer un nouveau phénomène : la mobilité internationale au niveau du cycle secondaire (à l’instar de ce qui se fait au niveau universitaire).

 

Une école plus juste et plus inclusive

Selon les récents rapports de l’OCDE, les systèmes éducatifs ont dans l’ensemble des mauvais résultats quant aux possibilités offertes aux élèves issus de milieux défavorisés. Ainsi, les derniers classements PISA mettent en lumière les différences de niveaux de lecture et de mathématiques entre les étudiants les plus pauvres et ceux qui ont accès aux établissements privés et aux cours particuliers de qualité.

C’est ainsi qu’en Tunisie, 2015 a vu une réforme importante du système de soutien scolaire afin de faire bénéficier tous les élèves des mêmes droits. En Algérie et au Maroc, ce sont des programmes publics de renforcement des capacités d’accueil des tout petit au niveau préscolaire qui ont été initiés, pour favoriser l’accès de tous à une éducation de qualité. L’un des défis de 2016 sera certainement de mettre en place des systèmes éducatifs plus inclusifs et plus juste.

 

Un enseignement de plus en plus individualisé

Les enseignants sont de plus en plus conscients que les élèves d’une même classe n’apprennent pas de la même manière et s’ingénient à mettre en œuvre différentes techniques pédagogiques. Dans ce sens, les outils numériques leurs permettent de mettre en place des activités basés sur les divers styles d’apprentissage et les différents besoins des élèves. Évidemment la notion de différenciation pédagogique et de personnalisation des scénarios n’est pas une nouveauté, mais il semble que les parents d’élèves et les établissements scolaires soient de plus en plus exigeants sur cette question. 

En 2016, cette tendance va s’accentuer et impactera fortement la formation des enseignants, leur manière de pratiquer leur métier et la façon de communiquer avec les parents. Elle aura également des effets sur la manière d’évaluer les élèves. Le « Big Data » permettra de mieux évaluer leurs acquis et la technologie aura des effets positifs sur le suivi de leurs progrès.

 

Une meilleure évaluation des élèves

Mesurer les performances des élèves est l’un des aspects les plus délicats de l’éducation. C’est néanmoins un élément essentiel pour définir des stratégies d’apprentissage efficaces, à la fois au niveau des élèves, que des systèmes éducatifs. Depuis quelques années, de nombreux pays mènent des réflexions sur l’amélioration du système d’évaluation individuel des élèves. Aux Etats Unis, le nouveau programme fédéral « Every Student SucceedsAct», qui remplace le « No Child left Behind », va repenser la place des tests standardisés dans le cursus scolaire. L’Algérie a quant à elle engager un processus de réflexion quant à la mesure de l’acquisition des compétences, en lieu et place du système traditionnel de notation. 

Dans les pays moins riches, une évaluation précise et efficace du niveau scolaire des élèves permettra ainsi d’être plus efficace avec des budgets modestes et des classes surchargées. Les outils numériques offrent des possibilités et des méthodes pour tester le niveau des élèves et 2016 devrait marquer un tournant dans ce domaine.

 
Retour en grâce du modèle finlandais

2016 devrait marquer l’avènement du retour à une vision plus progressiste de l’éducation. Le Forum Économique Mondial identifiait récemment les compétences et les aptitudes indispensables aux élèves pour réussir dans la vie, comme par exemple la créativité, la communication, la curiosité, la prise d’initiative, l’esprit critique, la persévérance et l’adaptabilité. Ces compétences seront à l’avenir aussi importantes que la maitrise des langues, des mathématiques et des sciences.

Ainsi, alors qu’il était largement remis en cause depuis deux ans pour son recul au niveau du classement PISA, le modèle finlandais pourrait de nouveau être à la mode pour ses aspects innovants et l’importance qu’il accorde aux compétences transversales. Le système finlandais, avec un enseignement par thèmes plutôt que par discipline, permet de prendre en compte les habilités de chacun, les différents styles d’apprentissages et les centres d’intérêt des élèves. En 2016, le modèle finlandais, parmi les plus innovants du monde selon le classement Global Innovation 2015 devrait inspirer beaucoup de systèmes éducatifs mondiaux. 

 

Cet exercice est évidemment parfaitement subjectif et ne prétend aucunement être une analyse scientifique des futures tendances de l’éducation en 2016. Il se base essentiellement sur des intuitions et les souhaits partagés par toute notre équipe.

 

Bonne Année 2016 !

 

 

 

 

 

 

 

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