Les nouveautés de la rentrée scolaire en Tunisie

Les nouveautés de la rentrée scolaire en Tunisie

Par 9 septembre 2015
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La rentrée scolaire en Tunisie aura lieu le 14 septembre prochain d’après le calendrier officiel. Pour la première fois depuis de décennies, celle-ci annonce d’importants changements pour les élèves, pour les enseignants et pour les parents.

Dans sa volonté de réformer le système éducatif tunisien, le Ministre de l’Education Nationale, Néji Jalloul a tout au long de l’été multiplié les annonces et promis la mise en place de nouvelle mesures, afin notamment d’améliorer le cadre d’accueil des élèves et de développer la qualité de l’enseignement.

Tout d’abord, à travers l’initiative de la fondation Al Madaniya, le premier chantier de la mise à niveau des infrastructures éducatives a été entamé dès le mois d’août avec l’opération « le mois de l’école ». A travers une vaste campagne de communication, les citoyens, les associations et les entreprises étaient invités à prendre en charge la rénovation d’une école.

Devant le succès de cette opération, la campagne se poursuivra au-delà de la rentrée scolaire avec pour objectif d’ouvrir les établissements scolaires sur leur environnement et d’impliquer d’avantage les citoyens et le mouvement associatif dans l’éducation. Dans la foulée, un Téléthon sera organisé courant septembre pour récolter des fonds pour les écoles les plus défavorisées.

Parmi les principaux chantiers auquel envisage de s’attaquer le Ministre pour cette rentrée scolaire en Tunisie, celui des rythmes scolaires est sans doute le plus colossaux. Avec la capitalisation de l’expérience houleuse de la France en la matière, Néji Jalloul a décidé de procéder par paliers. Pour la rentrée scolaire 2015-2016, la réforme du temps scolaire touchera quelques établissements qui bénéficieront d’un aménagement des horaires de classe : les cours se dérouleront le matin en séance unique, alors que l’après-midi sera consacrée aux activités culturelles et sportives.

 

 

Outre la nouvelle organisation que ce changement implique pour les directeurs, et notamment la question de disponibilité des salles de cours, cette réforme sous-entend la mise à disposition de moyens humains et financiers supplémentaires pour proposer aux enfants des activités ludiques et bénéfiques. 

Autre défi de taille auquel souhaite s’attaquer le ministère, la réforme des cours particuliers. Alors que dans un premier temps, il avait été question de mieux les organiser en les confiant à des établissements spécialisés et de confier les cours à des jeunes diplômés (car les parents y sont attachés et que dans certains cas ils sont indispensables).  Dans sa dernière intervention, le Ministre pense les supprimer définitivement (il a annoncé qu’une Loi serait très vite soumise à l’Assemblée des Représentants du Peuple), ou du moins les autoriser uniquement dans le cadre des établissements scolaires publics, sous la supervision du Ministère de l’Education Nationale.  

En ce qui concerne le déroulement des examens, le Ministre a annoncé l’annulation de la « semaine bloquée » et son remplacement par un système d’unification des examens nationaux. Les examens des cycles primaires et secondaires seront organisés au niveau des commissariats régionaux, selon des critères qui permettent une réelle évaluation des compétences des élèves. Dans le même sens, le Ministre a décidé de supprimer le taux de 20% calculé dans la moyenne générale du baccalauréat, et ce dés l’année scolaire 2015-2016.

Pour renforcer les capacités des enseignants et améliorer la qualité de l’enseignement, le recrutement par l’intermédiaire du CAPES sera annulé. Des filières de formation pour les enseignants et les pédagogues seront créées au niveau des universités. 

Enfin, au cours du mois d’août, Néji Jalloul a annoncé que d’autres réformes étaient à l’étude au niveau des différentes directions du ministère et qu’elles seront introduites de manière graduelle et progressive au cours de l’année scolaire 2015-2016, sans toutefois en préciser ni le contenu, ni la dimension. 

Cependant, le défi le plus important auquel devra faire face l’éducation nationale à l’occasion de cette rentrée scolaire en Tunisie, sera sans doute composé des différents mouvements de protestations et les éventuelles grèves annoncées cette fois ci par les syndicats de l’enseignement de base et de l’enseignement secondaire. 

 

 

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