Education en Afrique : pour une intégration des TIC efficace et profitable

Education en Afrique : pour une intégration des TIC efficace et profitable

Par 11 juin 2016
FavoriteLoadingAjouter aux favoris
  •  

Lancé à Tunis en 2011, le Forum Ministériel sur l’intégration des TIC dans l’éducation en Afrique est un mécanisme régional de dialogue au niveau politique créé par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et leurs partenaires.  

L’objectif du forum est de permettre aux Etats partenaires de tirer profit du potentiel des TIC dans l’enseignement pour favoriser l’émergence d’une éducation en Afrique inclusive, de qualité et équitable et de promouvoir un apprentissage pour tous tout au long de la vie.

 

        POUR ALLER PLUS LOIN

        Plan d’action de l’UNESCO pour l’intégration des TIC à l’école

 

Organisé cette année à Abidjan du 7 au 9 juin, cette rencontre a réuni des décideurs politiques, des experts, des universitaires, des instituts de recherche, des partenaires au développement et des entreprises du secteur des TIC. Ces différents acteurs ont participé à divers tables rondes pour réfléchir et partager des connaissances sur la meilleure manière d’intégrer les TIC plus efficacement pour assurer le développement d’une éducation africaine de qualité.

Ce séminaire vise principalement à trouver des solutions pour :

 

  • Fournir un accès universel à une éducation de qualité et développer des possibilités pour un apprentissage tout au long de la vie à tous les africains.

  • Outiller les apprenants en compétences pour leur permettre de devenir des acteurs de la société du savoir.

  • Promouvoir par l’éducation, une culture d’alphabétisation numérique et de créativité pour permettre à l’Afrique de renforcer les capacités d’innovation de l’industrie des TIC.

En ce sens, le forum doit permettre de mettre en place un cadre propice à la généralisation de partenariats et à la mise en œuvre de projets qui devraient bénéficier de l’appui des différents acteurs et parties prenantes concernées par l’amélioration de la qualité de l’éducation en Afrique.  

 
Afrique : une fracture numérique de plus en plus importante.

Selon le dernier rapport de la Banque Mondiale sur le développement dans le monde publié en 2015, les fractures du numérique entre l’Afrique et le reste du monde et en Afrique même (entre générations, entre zones rurales et zones urbaines, ainsi qu’entre groupes sociaux) demeurent considérables. Il reste à l’Afrique beaucoup de chemin à parcourir pour mieux exploiter les TIC afin d’atteindre les objectifs de politique éducative et, ensuite assurer un développement social et économique efficace.

Selon la Banque Mondiale, il existe dans le secteur de l’éducation et de la formation en Afrique de nombreux projets pilotes et de multiples initiatives pour assurer un enseignement de qualité, démocratiser l’accès à internet et aux nouvelles technologies et intégrer efficacement les TIC dans l’éducation. Malheureusement très peu deviennent de grandes politiques nationales.

 

          A LIRE AUSSI

          Causes du retard de l’Afrique en matière d’usage des TIC dans l’éducation

 

Ceci résulte principalement de lacunes tant au niveau de l’implication des gouvernements qu’à l’absence d’écosystème africain pour le développement des TIC dans l’éducation.

Ainsi les gouvernements africains et les ministères chargés de l’éducation et de la formation ont toujours autant besoin d’une assistance technique pour développer et intégrer les TIC dans les politiques et les stratégies nationales en matière d’enseignement et d’apprentissage.

Au niveau des pays, les acteurs des TIC et de l’éducation travaillent de manière isolés et sont très peu soutenus, ce qui empêche l’émergence d’écosystèmes indispensables à une intégration efficace des TIC dans l’éducation.

Lorsque les projets existent, ils sont généralement pilotés au niveau central. Trop d’initiatives émanent directement des enseignants ou des établissements scolaires. Lorsqu’elles existent, elles n’obtiennent pas le soutien nécessaire.  

En Afrique, il n’existe pas de modèles définissant clairement l’intégration des TIC dans l’enseignement et l’apprentissage. Ni en ce qui concerne la manière dont ces modèles peuvent être évalués et mesurés en vue d’une meilleure planification et mise en œuvre. 

 
Comment mieux intégrer les TIC en éducation en Afrique

Le forum d’Abidjan se devait principalement de répondre à cette question : comment les Etats doivent-ils s’y prendre pour une meilleure intégration des nouvelles technologies dans l’éducation ?

Le premier champ exploré, concerne la nécessité d’une compréhension commune d’une intégration pertinente et efficace des TIC dans l’éducation en Afrique. Et surtout ce que cela implique en termes de changement de paradigme, d’élaboration, de mise en œuvre et de durabilité des politiques et stratégies pour l’éducation au niveau national.

 

        A LIRE AUSSI

        Modèle SAMR : intégrer efficacement les TIC en pédagogie. 

 

Ceci passe par sensibiliser les gouvernements à la nécessité d’un engagement politique fort et volontariste pour engager les systèmes éducatifs africains dans une intégration méthodique et programmée des TIC. Ceci passe également par un partage des connaissances, des expériences et des bonnes pratiques, afin de mieux éclairer les approches et identifier les leviers du changement, de facteurs de succès et d’échec de l’intégration des TIC dans les initiatives d’éducation et de formation en Afrique et d’ailleurs.

Le deuxième axe de réflexion du forum devait permettre de mieux comprendre le rôle de l’éducation et des TIC dans l’édification d’une société du savoir. Par le partage des connaissances et des expériences, les Etats africains peuvent perfectionner les compétences numériques des jeunes pour renforcer leur employabilité et favoriser l’entrepreneuriat.

Un autre objectif du forum est de promouvoir un réseau intégrant le secteur public (les ministères, ainsi que les systèmes d’éducation et de formation, les Communautés économiques régionales..), les agences de coopération au développement et les organisations internationales telles que l’Union internationale des télécommunications (UIT), le secteur privé (les opérateurs de télécommunication, les fournisseurs de solutions de TIC, les développeurs de contenus numériques et éducatifs), les organisations de la société civile, la diaspora, la jeunesse et les ONG intervenant dans les domaines des TIC et de l’éducation. Un tel réseau est nécessaire à la création d’environnements qui favoriseront les partenariats essentiels à la pertinence et la durabilité de l’intégration des TIC dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et stratégies d’éducation et de formation.

Ainsi, les partenariats public-privé (PPP) promus entre les gouvernements, les services d’enseignement, l’industrie de développement de contenu et les entreprises permettent de tisser des liens et d’engager un dialogue sur les moyens de favoriser l’élaboration d’initiatives et d’approches novatrices qui favorisent l’intégration des TIC dans l’éducation et la formation grâce à des solutions pertinentes fondées sur les TIC tenant compte du contexte africain.

Dans ce sens, les Etats doivent mettre en place des stratégies pour aider à combler le fossé dans l’accès aux possibilités d’apprentissage au sein des sociétés africaines (milieu urbain par opposition au milieu rural, femmes et autres populations marginalisées) en identifiant les expériences et leçons apprises qui permettent de changer la donne.

Enfin, le Forum ministériel africain sur l’intégration des TIC dans l’éducation et la formation devait également sensibiliser les acteurs du secteur privé à l’importance des avantages économiques qu’ils retirent en contribuant aux investissements dans les stratégies et les initiatives d’intégration des TIC et à développer des mécanismes innovants de financement fondés sur la convergence des intérêts entre les objectifs de politique éducative et le développement économique privé.

 

 

Commentaires

commentaires